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Work statement / français

Yannick Lambelet

 

 

Le fondement de mon travail réside dans la recherche et l’expérimentation des frontières et des corrélations entre image et peinture. De fait, si je peins aujourd’hui, c’est paradoxalement parce qu’il y a un surplus d’images et que j’aime me confronter à l’inutilité d’en produire davantage. C’est en effet sur la base d’images préexistantes que je fonde ma création, dans une démarche à la fois d’appropriation et de recontextualisation de ces objets picturaux.

 

Mes interrogations sur l’image découlent entre autres du fait que la majorité des œuvres que nous côtoyons aujourd’hui n’en sont en fait que des reproductions picturales, numérisées ou photographiées. Or, cette saturation du monde par le visuel fait écho une autre saturation, celle de la peinture dont on entend trop souvent qu’elle est arrivée dans un cul-de-sac de la création. C’est en associant ces deux domaines, peinture et image, medium double de mon travail, que je questionne le statut de la peinture figurative contemporaine d’une part, et la relation quasi-obsessionnelle que notre monde entretient avec l’image d’autre part.

 

Ma démarche m’a contraint à me confronter à la contemporanéité de l’acte de peindre. Afin de m’éloigner des gestes modernistes, j’utilise une touche épurée, limitant sa materialité et ses mouvements. Mon processus créateur récurrent est donc le suivant : je commence par récolter des images sur internet, au gré de mes trouvailles et sans aucun critère de sélection, si ce n’est par amour subjectif ; je travaille ensuite numériquement mes compositions sur Photoshop, dissociant et réassociant des éléments variés d’images distinctes ; enfin, je projette sur la toile la nouvelle image que je détoure au crayon avant de débuter le travail de peinture à proprement parler. Par ce processus, l’âme de ma peinture se digitalise et s’inscrit dans l’époque dans laquelle elle évolue. C’est pourquoi l’acte créateur, dans la conception que j’ai de mon travail, a lieu non sur la toile mais sur l’écran, lors du travail préliminaire de la composition sur Photoshop. Lorsque je commence à peindre, j’entre dans une mécanisation du geste.

Work statement / english

Yannick Lambelet

 

 

The foundation of my work is about research and experimentation of the borders and correlations between image and painting. In fact, if I paint today it is paradoxically because there is a surplus of images and I like to confront myself with the futility of producing more. It is indeed based on pre-existent images that I focus my creation in a way that appropriates and recontextualizes these pictorial objects.

 

My research on the image result is informed by the fact that the majority of works that we encounter today are pictorial reproductions, scanned or photographed. This saturation of visual imagery in the world echoes another one, the saturation of the painting, that we all too often hear that ‘painting is dead.’ It is by combining these two areas, painting and image, the double medium of my work, that I question the status of contemporary figurative painting on one hand, and our society’s almost obsessive relationship with the image on the other hand.

 

My approach has forced me to confront myself with the contemporaneity of the painting act. To get away from the modernist gestures, I use a refined touch, limiting its materiality and its movements. My recurring creative process is as follows: I begin by collecting images on Internet, according to my findings and no selection criterion, if not by subjective love, then I work my compositions digitally in Photoshop, dissociating and reassociating various elements of distinct images, and finally, I project on canvas the new image that I mark with a pencil before starting the paint job itself. Through this process, the soul of my painting digitizes itself and fits into the time in which it evolves. That is why the creative act, in the notion that I have of my work, doesn’t take place on the canvas but on the screen, in the preliminary work of the composition in Photoshop. When I start to paint, I enter into a mechanization of the gesture.