yannick lambelet

//paintings

//texts

//contact

//cv

//exhibitions

//curating projects

Miss you go slave
Sophie Vantieghem
Historienne de l'art
La série d’œuvres picturales de Yannick Lambelet s’articule autour des vagues d’immigrations successives de populations de diverses nationalités et confessions, que la Suisse, ainsi que le reste de l’Europe occidentale, a connu suite au déclenchement de la Guerre d’ex-Yougoslavie (1991-2001). D’un point de vue esthétique, ces œuvres s’inscrivent dans la continuité du corpus de l’artiste, avec un travail de collecte d’images via Internet (Google), successivement décontextualisées puis recontextualisées dans chacune de ses compositions. Ces dernières revêtent un caractère puissant mais dosé, presque hypnotique, obtenu grâce à l’association de sujets figuratifs et d’arrière-plans, ou d’éléments monumentaux symboliques, caractérisés par une vive polychromie exempte de relief. Les arrière-plans fortement saturés jouent un rôle prépondérant dans la mise en valeur presque brutale des scènes propres à chacune des œuvres. Indéniablement, elles forment un corpus dont la lecture reflète la chronologie de la guerre en ex-Yougoslavie, avec ses conflits et exactions vis-à-vis de la population, marquant le début des migrations en Europe, pour enfin aboutir sur la perception, parfois anxiogène (A hopeless army of fallen angels), que peuvent avoir les autochtones face à leur arrivée soudaine. Cette lecture chronologique est accompagnée d’éléments symboliques riches qui complètent les compositions picturales et le propos de l’artiste, comme les fleurs de lys, signe de promesse d’un avenir meilleur (The Great escape), ou d’intronisation de figure désormais déifiées dans la tradition populaire, à l’image des stars de football tel que Xherdan Shaqiri, joueur albano-suisse, exemple d’une intégration réussie (Ich bin frei). Cette perception positive de l’immigration est renforcée par la présence de la colombe, annonciatrice d’espoir et de paix durable (After the deluge), tant sur le plan géopolitique que sur celui de l’intégration des enfants d’immigrés. Cependant, les traumatismes liés aux violences vécues (Cupcake penalty), aux questions d’identité (After the deluge) et au déracinement (Miss you go slave) ressurgissent immanquablement et s’incarnent en filigrane constant dans la série de Yannick Lambelet. Sophie Vantieghem