yannick lambelet

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Aujourd'hui je te le dis, avec moi tu seras. #melancholia
Sophie Vantieghem
Historienne de l'art Présentée sous forme de triptyque, l’œuvre de Yannick Lambelet est emblématique de sa méthode de travail, complexe et subtile, caractérisée par une recherche iconographique, principalement sur internet, suivie d’une étape de montage numérique pour aboutir à la réalisation picturale finale. L’artiste aborde une thématique religieuse majeure, la Passion du Christ, et plus précisément sa crucifixion. Le Christ, en position centrale, est entouré par deux voleurs : Dismas (sauvé par le Christ) et Gesmas (voué aux Enfers). Chacune des figures est accompagnée par des symboles subtils permettant de déterminer leur identité, comme la croix sur le bras de Dismas (gauche). Ainsi, la figure centrale, le Christ est représenté sous trois aspects distincts : à terre après la des- cente de croix, en pleine résurrection (avec une étoffe blanche sur le visage faisant référence au périzonium, le seul vêtement porté par le Christ lors de la Passion, servant à cacher son intimité), et symboliquement, sous la forme d’un agneau au second plan, représentant le sacrifice christique. L’artiste truffe sa composition de références anciennes et contemporaines, souvent surprenantes, qui réactualisent instantanément le motif de la Passion du Christ et du salut des âmes. Il s’agit notamment du choix de la composition (triptyque), de la couleur orange faisant référence à Trois études pour une crucifixion de Francis Bacon (1962), de la figure du corbeau, primordiale dans la mythologie scandinave, qu’il extrait de La Ferme des animaux de George Orwell et qui y représentait la religion. Les figures dansantes autour de Gesmas sont inspirées des contours des personnages de La danse de la vie d’Edward Munch (1899). La croix tatouée de Dismas, annonçant son salut par le Christ, est un clin d’œil subtil à la croix processionnelle placée à gauche dans l’œuvre de Courbet Un enterrement à Ornans (1849-1850). De plus, Yannick Lambelet distille dans son œuvre de légères touches humoristiques, sachant que l’œuvre de Courbet s’était vue refusée lors du Salon de 1850 lors de sa présentation. Pourtant, l’artiste stupéfait par ses allusions esthétiques qu’il emprunte aussi à des créations cinétiques, comme le clip vidéo de Woodkid, Iron, ou la scène d’ouverture de Melancholia, film de Lars Von Trier. La multiplicité des média, des références audacieuses ou plus traditionnelles (comme le choix du triptyque) anciennes ou contemporaines permettent une lecture à plusieurs niveaux mais complémentaire de cette Passion du Christ stupéfiante et percutante, mettant en première plan figures animales et corps masculins érotisés.