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Google images is a new religion (FR)
Simon Wursten
UNIL

Tu ne dois pas te faire d’image sculptée, ni de forme qui ressemble à quoi que ce soit qui est dans les cieux en haut, ou qui est sur la terre en bas, ou qui est dans les eaux sous la terre.

Exode 20: 4

 

Google images is a new religion est le fruit d’une étroite collaboration avec Yannick Lambelet, artiste. Au fil d’un dialogue d’environ deux ans se sont posés les jalons d’un projet dont cette exposition est le résultat.

 

Cette première grande exposition monographique qui réunit la majorité des toiles réalisées par le jeune artiste depuis 2010, met en scène des questionnements inhérents aux œuvres et relatifs au statut actuel de l’image et de la peinture figurative contemporaine.

 

L’ère numérique a changé le rapport de la société à l’image. D’aucuns considéreraient qu’elle a perdu toute valeur depuis qu’elle se multiplie, se diffuse et s’échange de manière pratiquement illimitée. Par ailleurs, l’emploi manipulateur de cet objet à des fins malveillantes attise la méfiance à son égard. Dans ces conditions, comment légitimer la peinture en tant que médium créateur de nouvelles images ? Ceci d’autant plus que cette même peinture est elle-même fréquemment réduite au simple état d’image numérisée. C’est un cadre de réflexion sur ces thématiques que propose Google images is a new religion.

 

Inscrites dans un tel contexte, les œuvres de Yannick Lambelet font écho à ces questionnements. La démarche de l’artiste consiste à s’approprier des éléments d’images trouvées sur internet et, dans une posture démiurgique, de les soumettre à une recontextualisation. Apparaissent ainsi sous nos yeux des scènes irréelles qui, bien qu’elles séduisent, peuvent susciter le malaise.

 

L’esthétique plaisante se mêle à un insolent hermétisme. Le refus du geste, l’aspect léché, presque graphique des toiles, frustrent toute tentative d’appréhension d’un quelconque contenu objectif. Pour le spectateur, il ne reste plus qu’à choisir entre s’approprier l’œuvre en y intégrant son propre discours, ou refuser toute interprétation, ne considérant plus la toile que par sa seule présence physique.

 

Cette démarche déroutante, pourtant, loin de revendiquer l’irrémédiable corruption de l’image, révèle plutôt son caractère résolument versatile. C’est l’universalité de cet objet de travail qui est mise en scène. Yannick Lambelet semble en outre récuser l’existence de tout contenu ontologique à l’image, réduisant celle-ci à l’état d’un vecteur porteur d’une infinité de potentialités interprétatives. À nous, dès lors, de prendre en charge le contenu de ses œuvres, de nous laisser séduire par la composition de la toile.

 

A l’ère de la numérisation, l’image, plus que jamais, devient le médium par excellence. Google images is a new religion.

Google images is a new religion (EN)
Simon Wursten
UNIL

The digital age has changed our relationship to the image. Some consider it worthless since the image is now multiplied, spreads and exchanged in virtually unlimited ways. Under these conditions, how legitimate can painting be as a medium of creative new images ? Especially since that same painting itself is often reduced to simple scanned image state and viewed online. The notion of Google images as a new religion provides a framework for thinking about these issues.

 

Viewed in such a context, the works of Yannick Lambelet explore these questions. The approach of the artist is to capture imagery found on the internet and in a demiurgic gesture, present a decontextualization of these images . There appears before our eyes unreal scenes which, although visually appealing, can arouse feelings of discomfort in the viewer.

 

The aesthetically pleasing mixes with a hermetic insolence. Polished surfaces reflect a refusal of the painterly gesture, frustrating the viewer's attempt to attribute any objective content to the work . Confronted with this impersonal surface, the viewer is compelled to either form his own subjective interpretation of the imagery, or deny any interpretation, appreciating the painting solely as an object.

This confusing process, however, far from claiming the irremediable corruption of the image, rather reveals its resolutely versatile character. Yannick Lambelet also seems to challenge the existence of any ontological content in the image, reducing it to the status of a vector carrying an infinite interpretative potential. It falls upon the viewer, therefore, to let themselves be seduced by the composition of the painting .

 

In the era of digitization, the image, more than ever, is the medium par excellence. Google images is a new religion.